Premier prix académique du Collège du Renseignement en Europe : résumé des essais.
PREMIER PRIX :
Giacomo Leccese (Université LUISS Guido Carli, Italie) pour son essai intitulé : « La signature maritime : exploiter les données océanographiques comme source de renseignement pour la sécurité des infrastructures sous-marines »
RÉSUMÉ : "L’article examine la manière dont les capteurs océanographiques civils peuvent contribuer au recueil de renseignement destiné à la protection des infrastructures sous-marines critiques. Il s’articule autour de trois défis majeurs - la détection, l’attribution et le partage du renseignement - que la littérature académique identifie comme les principales difficultés posées par les menaces hybrides dans ce domaine. L’étude s’appuie sur une analyse contrefactuelle afin d’évaluer dans quelle mesure le recours à ces capteurs aurait pu améliorer le recueil de renseignement dans trois scénarios d’attaque : la militarisation de navires civils, les actes d’ingérence menés par des vecteurs submergés et les cyberattaques. Au-delà de son apport à un enjeu majeur de sécurité européenne, cette recherche contribue à la littérature scientifique en analysant le rôle du renseignement d’origine mesures et signatures (MASINT) dans la protection des infrastructures critiques, tout en mettant en lumière la dimension civile, encore peu étudiée, de cette discipline du renseignement."
DEUX MENTIONS HONORABLES :
Clara Grothe (Université de Leyde) pour son essai intitulé : « Le choc allemand : à qui la faute ? Évaluation du rôle de l’articulation entre le renseignement et la décision politique dans l’échec à prévoir l’invasion russe de l’Ukraine »
RÉSUMÉ : « L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a révélé le manque de préparation de l’Allemagne et a conduit à d’importants changements de politique dans le cadre de la Zeitenwende (le « tournant d’époque »). Cet essai examine la manière dont les défaillances dans les relations entre les décideurs politiques et le Service fédéral de renseignement allemand (BND) ont contribué à l’incapacité de l’Allemagne à anticiper l’invasion. S’appuyant sur les critères d’évaluation proposés par Ikani et al. (2022), il soutient que les faiblesses de l’articulation entre le renseignement et la décision politique, en particulier la faible réceptivité des décideurs aux évaluations des services de renseignement, ont compromis la capacité de l’Allemagne à agir sur la base des alertes précoces. L’essai conclut en identifiant des enseignements susceptibles de renforcer les relations entre les services de renseignement et les autorités politiques, afin d’éviter que des défaillances similaires ne se reproduisent à l’avenir. »
Étudiant à l’anonymat préservé (Université de la Bundeswehr, Munich) pour son essai intitulé : « Absence de l’action (discursive) - Qu’est-ce qu’une méthode en analyse du renseignement et pourquoi est-il nécessaire d’en proposer une définition plus précise ? »
RÉSUMÉ : « Malgré l’abondance des travaux consacrés à la méthodologie de l’analyse du renseignement, il n’existe pas de définition commune, exhaustive et précise de la notion de « méthode » dans ce domaine. En examinant l’usage de ce terme dans des articles scientifiques accessibles au public, ainsi que dans des monographies et ouvrages collectifs faisant autorité, cet essai développe l’argument selon lequel le terme renvoie actuellement à au moins trois conceptions distinctes : 1) la méthode comme processus d’organisation ; 2) la méthode comme ensemble d’opérations appliquées aux données brutes ; ou 3) la méthode comme exercice cognitif destiné à soutenir la réflexion critique de l’analyste. À partir de cette typologie, l’essai soutient qu’il est nécessaire de distinguer clairement ces différents sens afin d’améliorer la qualité de l’analyse du renseignement, en partant du principe que cette qualité doit être évaluée à l’aune de la bonne application des méthodes, et non uniquement à travers les résultats produits par l’analyse. »
Premier prix académique du Collège du Renseignement en Europe : Le lauréat, Giacomo LECCESE, avec le Dr. Luciano BOZZO, professeur associé à l'International Relations & Theories of International Politics - University of Florence.
La recherche européenne sur le renseignement franchit un nouveau cap
Pendant trois jours, l'Université de la Bundeswehr de Munich est devenue le point de rencontre de la recherche européenne sur le renseignement. Dans un contexte stratégique marqué par le retour des conflits de haute intensité, l'accélération des innovations technologiques et la multiplication des menaces hybrides, la conférence académique du Collège du renseignement en Europe a confirmé que le dialogue entre chercheurs et praticiens est désormais un levier essentiel pour anticiper les défis de demain. Au-delà de la richesse des échanges scientifiques, cette rencontre a confirmé une évolution majeure : la recherche européenne sur le renseignement s'affirme désormais comme un véritable outil d'innovation au service des communautés de renseignement.
« L'innovation en matière de renseignement ne repose plus seulement sur les technologies ou les organisations, mais sur la capacité à rapprocher durablement chercheurs et praticiens. »
Du 17 au 19 juin 2026, l’Université de la Bundeswehr de Munich a accueilli la conférence académique du Collège du renseignement en Europe (Intelligence College in Europe – ICE), organisée sous le thème « Science and Intelligence in Europe – Responding to a New Era of Uncertainty ». Dans un cadre des plus agréables, chercheurs, universitaires, représentants institutionnels et praticiens du renseignement venus de toute l’Europe se sont réunis pour échanger sur les évolutions d’un domaine confronté à des mutations technologiques, géopolitiques et méthodologiques sans précédent.
Au-delà de la qualité scientifique des interventions, cette édition a confirmé une tendance de fond : l’émergence d’une véritable communauté européenne des études sur le renseignement, structurée autour d’un dialogue toujours plus étroit entre le monde académique et les services.
Une conférence qui affirme la maturité du réseau européen
Organisée par la présidence allemande du Collège du renseignement en Europe, la conférence a réuni près d’une centaine de participants issus de nombreux États membres. L’excellence de l’organisation, la qualité de l’accueil réservé aux délégations et les nombreux temps d’échanges informels ont largement contribué au succès de cette rencontre.
Le programme scientifique, particulièrement dense, s’est articulé autour de seize panels thématiques, de deux tables rondes plénières et d’un atelier consacré à un projet de recherche collaboratif. Cette diversité des formats a permis d’aborder les grands enjeux contemporains du renseignement sous des angles complémentaires, mêlant approches théoriques, retours d’expérience et réflexions prospectives.
Les interventions ont illustré l’étendue des sujets désormais investis par la recherche européenne : intelligence artificielle, guerre hybride, coopération internationale, transformation numérique, sécurité de la recherche, psychologie de l’analyse, HUMINT, enseignements de la Guerre froide ou encore relations entre producteurs et utilisateurs du renseignement.
L’intelligence artificielle et les menaces hybrides au cœur des débats
Parmi les thèmes les plus marquants, l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers du renseignement a suscité un intérêt particulier. Plusieurs chercheurs ont présenté des travaux portant sur l’évolution des méthodes d’analyse, les nouvelles interactions entre analystes et outils automatisés, ainsi que les enjeux de confiance et de supervision humaine dans des environnements de plus en plus numérisés.
Les discussions ont également largement porté sur les menaces hybrides auxquelles sont confrontées les démocraties européennes. Les intervenants ont souligné la nécessité d’adapter les organisations du renseignement à un environnement stratégique caractérisé par une incertitude croissante, où les frontières entre conflictualité militaire, influence, cyberattaques et compétition économique deviennent de plus en plus poreuses.
Un programme de recherche germano-norvégien consacré aux mécanismes cognitifs mobilisés par les analystes du renseignement a notamment retenu l’attention des participants. En croisant psychologie, sciences cognitives et besoins opérationnels, ces travaux illustrent parfaitement l’évolution actuelle de la recherche vers des problématiques directement utiles aux services.
Consolider le lien entre recherche et pratique
L’un des principaux enseignements de la conférence réside dans la volonté partagée de renforcer les passerelles entre recherche académique et pratique opérationnelle.
De nombreux intervenants ont insisté sur la nécessité de produire des travaux susceptibles d’apporter une réelle valeur ajoutée aux communautés du renseignement. Cette orientation marque une évolution importante : la recherche ne se limite plus à analyser les politiques publiques ou l’histoire des services, mais ambitionne désormais de contribuer directement à l’amélioration des méthodes d’analyse, de la prise de décision et de l’anticipation stratégique.
Plus de la moitié des communications présentées ont ainsi été saluées pour leur originalité scientifique autant que pour leur intérêt opérationnel. Cette capacité à conjuguer excellence académique et utilité concrète apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux atouts du réseau développé par le Collège du renseignement en Europe.
Un premier prix académique pour encourager les jeunes chercheurs
La conférence de Munich a également été marquée par la remise du tout premier Intelligence College in Europe Academic Award.
Cette distinction, créée afin de promouvoir les jeunes chercheurs travaillant sur les questions de renseignement, récompense désormais un mémoire ou un essai original consacré au thème retenu par le Collège. Pour cette première édition, le prix a été attribué au chercheur italien Giacomo Leccese pour son étude intitulée The Sea’s Signature: Turning Oceanographic Data into Intelligence for Underwater Infrastructure Security. Le texte intégral (en langue anglaise) est publié sur ce site dans un article séparé. Son résumé ainsi que le résumé des deux mentions honorables sont également consultables sur notre site.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à la relève académique européenne. Le concours est ouvert aux étudiants de master des établissements membres du réseau académique du Collège. Outre une récompense financière et un certificat d’excellence, le lauréat a bénéficié d’une invitation à présenter son travail lors de la conférence académique, favorisant ainsi son intégration dans la communauté scientifique européenne.
En valorisant les travaux les plus innovants dès le début des parcours universitaires, le Collège contribue à structurer durablement un vivier de chercheurs spécialisés dans les études sur le renseignement.
Cap sur Paris 2028
Au-delà des échanges scientifiques, plusieurs discussions ont porté sur la préparation de la prochaine conférence académique, qui se tiendra à Paris en 2028 dans le cadre de la présidence française du Collège.
Cette perspective constitue une opportunité majeure pour poursuivre la dynamique engagée par le Collège à Munich. Les participants ont souligné l’importance d’associer très en amont l’ensemble des membres de l’Academic Advisory Board à la définition des thématiques, au choix des intervenants et à la conception des différents formats de travail.
Plusieurs pistes d’évolution ont également été évoquées : développer des ateliers fermés réunissant chercheurs et praticiens autour de problématiques sensibles, organiser des sessions semi-ouvertes favorisant des échanges plus directs ou encore renforcer la participation de jeunes doctorants sélectionnés sur des critères d’excellence, mais également des ateliers plus fermés où, sans aborder de sujets classifiés, les échanges pourront avoir lieu entre professionnels du renseignement.
Enfin, de nombreux membres du réseau ont exprimé le souhait de voir émerger, entre deux conférences biennales, des rendez-vous intermédiaires plus resserrés sous la forme de journées d’études thématiques. Ces rencontres permettraient de maintenir la dynamique scientifique, d’entretenir les réseaux professionnels et d’accroître encore la visibilité des travaux conduits sous l’égide du Collège.
Une communauté scientifique européenne désormais incontournable
La conférence de Munich marque une étape importante dans la construction d’un espace européen de réflexion consacré au renseignement sous la houlette du Collège du Renseignement en Europe. Elle confirme, si besoin était, que les études sur le renseignement constituent désormais un champ académique à part entière, capable de produire des analyses de haut niveau tout en répondant aux besoins très concrets des décideurs et des services.
Dans un contexte stratégique marqué par la multiplication des crises, l’accélération technologique et la transformation des modes de conflictualité, cette capacité à rapprocher recherche et pratique apparaît plus essentielle que jamais.
La perspective de la conférence de Paris en 2028 ouvre désormais une nouvelle phase de développement. Elle offrira l’occasion de consolider les acquis de Munich, d’élargir encore le réseau européen et de renforcer la contribution de la recherche académique à la réflexion stratégique au service de la communauté européenne du renseignement.
Dans sa septième année de fonctionnement, le Collège du Renseignement en Europe a le plaisir de voir publier par le Dr Artur Gruszczak, titulaire de la chaire « Sécurité Nationale » à la Faculté des Etudes Internationales et Politiques de l’Université Jagellonne de Cracovie, la toute première étude exhaustive consacrée au Collège. Autorité académique reconnue en matière d’expertise sur le Renseignement, portant un intérêt à la coopération européenne en la matière ainsi que sur la sécurité européenne et transatlantique, le professeur Gruszczak a publié, entre autres, un ouvrage de référence intitulé ‘’Intelligence Security in the European Union : Building a Strategic Intelligence Community (Palgrave Macmillan, 2016).
Dans le cadre de cette nouvelle étude universitaire, publiée en ligne pour la première fois le 28 avril 2026, le professeur Gruszczak analyse les objectifs, les activités et les avancées du Collège sous le prisme du renforcement de la confiance réciproque, problématique d’une importance majeure dans le cadre des partenariats et des échanges entre Services de Renseignement.
Cette étude se concentre sur les efforts fournis par le Collège pour « combler le fossé » entre la culture du secret inhérente à la Communauté du Renseignement et celle d’ouverture présente dans le monde académique et la société civile. Cette étude adopte une approche néo-fonctionnaliste démontrant que les activités du Collège impliquant les acteurs du monde du renseignement dans un réseau organisationnel hétérogène a permis de développer la confiance et plus spécifiquement la confiance mutuelle. Cette approche synergique, fondée sur l’éducation et la professionnalisation, cherche à renforcer la coopération en matière de renseignement destinée à faire face aux risques et aux menaces sécuritaires auxquels sont confrontés les Etats et les sociétés européennes.
Cette première recherche scientifique complète (2019-2026) et exhaustive, couvrant non seulement l’aspect de la formation au renseignement mais aussi les séminaires thématiques et les activités de sensibilisation (Pilier 2 du Collège) repose sur une approche à 360 degrés, via des entretiens avec de hauts responsables du CRE, avec des représentants des autorités européennes et nationales du Renseignement, ainsi qu’à travers une enquête menée auprès des chercheurs spécialisés dans la coopération internationale en matière de renseignement.
Comme le démontre le professeur Gruszczak à la fin de son étude, les réserves initiales exprimées par certains acteurs nationaux et certaines organisations internationales ont été surmontées, et le positionnement du Collège du Renseignement en Europe « en tant qu’interlocuteur institutionnel crédible » est à présent bien établi. Le Collège a renforcé sa réputation et sa crédibilité en tant que plateforme de mise en réseau permettant aux participants d’échanger leurs expériences et d’identifier les meilleures pratiques.
Le Collège du Renseignement en Europe a pu se développer « grâce à des propositions raisonnables et progressives vers les Services de Renseignement d’Etat en tant que principaux acteurs. Au fil du temps, le Collège a développé une formule crédible pour renforcer la coopération en matière de renseignement […]. (Le Collège) pourrait servir d’exemple précieux pour établir une confiance renforcée dans la coopération internationale en matière de renseignement ».
Le Collège du Renseignement en Europe a participé pour la troisième fois au Forum international de défense et de stratégie de Paris, organisé par l’Académie de défense de l’École militaire (ACADEM). Ce forum, qui fait suite à l’événement à vocation plus nationale La Fabrique Défense (LFD), auquel le Collège du renseignement était également présent, a pris cette année une importance accrue.
Nous avons pris part à cet événement international organisé par notre partenaire ACADEM à travers trois activités académiques :
Le 24 mars, afin de marquer l’entrée de l'IRSEM - centre de réflexion du ministère français des Armées - dans notre réseau académique et de promouvoir notre réseau académique européen en amont de notre prochaine conférence de Munich, nous avons organisé une table ronde académique intitulée « Les échecs du renseignement : comment les éviter ou y remédier ». Elle était modérée par le Dr Clément Renault (IRSEM) et réunissait trois spécialistes du domaine : le Dr Dan Lomas (Université de Nottingham et Oxford Intelligence Group), spécialiste du rapport Butler sur la guerre en Irak ; le professeur Philippe Silberzahn (Emlyon business school), auteur notamment de « Constructing Cassandra » ; et le Dr Bjørn Grønning (NORIS), auteur de l’une des études non anglo-saxonnes les plus récentes portant sur 16 cas d'échecs du renseignement, publiée par Edinburgh University Press (« Contemporary Intelligence Warning Cases »).
Le 24 et le 25 mars, comme c’est le cas depuis 2022 (LFD, puis PDSF 2024, 2025 et 2026), les lauréats de l’initiative lituanienne de sensibilisation « Intelligence Officer for a Week », soutenue par le Collège du Renseignement, ont été invités au forum. Depuis sa création, le Collège fait partie du jury de sélection et offre le premier prix afin de soutenir et de promouvoir cette excellente initiative. La communauté du renseignement lituanienne et l’Institut des relations internationales et des sciences politiques de l’Université de Vilnius, dirigé par la Dr Margarita Šešelgytė, offrent aux étudiants l’opportunité de découvrir le travail d’un analyste du renseignement - une initiative remarquable qui pourrait être étendue à d’autres pays.
En outre, le Collège et ses activités ont été présentés par François Fischer lors d’un entretien mené par Étienne Girard (L’Express) dans le cadre de la session « Café stratégique » le 26 mars.
En 2025, nous avions proposé un nombre équivalent d’activités, avec en point d’orgue le discours liminaire du Dr Gerhard Conrad sur les défis auxquels est confronté le renseignement européen, en amont de la présidence allemande de l’ICE.
Le Collège du Renseignement en Europe a été ravi d’accueillir un grand nombre de collègues et de partenaires issus des services de renseignement et du monde académique, et de mettre en valeur ses réalisations - en particulier dans le domaine académique - réalisations qui culmineront en juin 2026 avec une grande conférence académique en Allemagne et la toute première édition du Prix européen du renseignement. La forte affluence à notre table ronde, avec une salle de conférence Castex comble, témoigne clairement de l’intérêt croissant pour une culture européenne du renseignement.
Depuis le début de l’année 2026, le Réseau académique du CRE a poursuivi son expansion en accueillant de nouveaux pays membres ainsi que de nouvelles institutions issues de pays déjà représentés au sein du Réseau.
Nous avons le plaisir de souhaiter la bienvenue à la Suisse en tant que 19e membre du Réseau académique. Le Réseau s’est également renforcé avec l’intégration de l’OSINT Centre of Excellence de Croatie et de l’IRSEM en France. L’Autriche a elle aussi considérablement renforcé sa présence académique au sein du Réseau grâce à l’arrivée de l’Austrian Center for Intelligence, Propaganda and Security Studies (ACIPSS) de l’Université Karl-Franzens de Graz.
Du 03 au 05 février 2026 a eu lieu à Bruxelles le premier Cours "Sensibilisation à la Sécurité et au Renseignement" après un cours "pilote" l'année passée.
Sur la base des retours de l'assistance et du constat des encadrants, une version améliorée a été montée prenant le parti d'un message plus direct et pédagogique : nous sommes tous des cibles de services ou structures adverses en raison de nos accès. Comment opèrent-ils ? Comment identifier une approche ? Comment se protéger ? Qui contacter en cas de doute ? Le parti-pris d’un cours plus pragmatique et résolu, avec des messages très pratiques a été un choix pertinent car ce cours a rencontré un très vif succès, comme en témoigne le retour très élogieux des participants.
Tous les remerciements du Collège vont aux partenaires du Collège : l’Académie Mihai Viteazul (ANIMV) de Bucarest et au Collège de Sécurité et de Défense (CESD) sans lesquels rien n'aurait été possible. Merci également à tous les intervenants des institutions européennes et du réseau académique du Collège.
Rendez-vous au second semestre 2026 pour une nouvelle édition !
La Bibliographie ICE sur le renseignement – 4e édition
Promue par la Présidence italienne, la « Bibliographie ICE sur le renseignement » est le fruit d’un effort conjoint des pays membres de l’ICE visant à promouvoir une culture commune de la sécurité. Le projet consiste à constituer, sous la « marque » ICE, une collection des ouvrages les plus pertinents consacrés aux questions de renseignement et de sécurité.
Parvenue à sa quatrième édition, cette publication se présente comme un livret de référence destiné aussi bien aux praticiens qu’aux non-spécialistes. Elle a pour objectif de renforcer les connaissances, de stimuler la curiosité intellectuelle et de rapprocher un public élargi de l’univers du renseignement.
Il s’agit d’une collection vaste et actualisée comprenant plus de 1 000 ouvrages de non-fiction sélectionnés, principalement publiés au cours des vingt dernières années, sans pour autant négliger des travaux antérieurs particulièrement significatifs. Les ouvrages sont soigneusement organisés en plusieurs catégories :
Histoire du renseignement et biographies : textes consacrés au rôle du renseignement dans l’histoire des relations internationales, de l’Antiquité à nos jours, ainsi qu’aux biographies les plus marquantes liées au monde de l’espionnage ;
Théorie du renseignement : ouvrages dédiés aux questions théoriques et aux études sur l’analyse du renseignement, incluant une section spécifique consacrée à l’analyse du renseignement économique ;
Le monde du renseignement : travaux portant sur les aspects juridiques et leur impact sur les processus décisionnels nationaux ;
Disciplines du renseignement : études approfondies des sources, outils et spécialités du renseignement et du contre-espionnage. La bibliographie fera l’objet de mises à jour continues ;
Études sur le renseignement : études stratégiques internationales dans le domaine de la sécurité et des menaces.
Dans le cadre de la présidence allemande du Collège du renseignement en Europe en 2026, le Secrétariat permanent a eu le plaisir d’accueillir, le vendredi 16 janvier, le nouveau directeur général du Service fédéral allemand de renseignement intérieur (BfV), M. Sinan Selen.
Cette visite a été l’occasion de réaffirmer l’engagement fort de l’Allemagne, tant de manière générale qu’à travers le BfV en particulier. Ce soutien se traduit par des contributions en personnel ainsi que par l’organisation régulière de formations, et se trouve cette année particulièrement mis en valeur par la présidence allemande du Collège. Le Président a également rappelé l’importance de renforcer la coopération multilatérale, non seulement sur le plan opérationnel, mais aussi à travers un dialogue stratégique et des échanges opérationnels élargis, rendus possibles par la plateforme que le Collège met à la disposition de ses membres et partenaires européens.
Cette présidence comprend sept séminaires et événements répartis tout au long de l’année, dont un séminaire accueilli par le BfV ainsi qu’une Conférence académique. Elle coïncidera également avec l’élection du premier directeur non français du Collège. Cette étape importante marque la pleine maturité et l’appropriation européenne partagée d’un projet lancé à l’origine comme une initiative présidentielle française à la suite du Discours de la Sorbonne de septembre 2017, et devenu depuis une démarche durable, pleinement européenne.
Le Secrétariat permanent, et tout particulièrement sa direction, remercie chaleureusement le Président pour sa visite et se réjouit de poursuivre cette coopération tout au long de la présidence allemande en 2026.
Le Secrétariat permanent du CRE adresse ses chaleureuses félicitations à la Dr Lucia Frigo pour l’aboutissement réussi de sa thèse de doctorat, soutenue en novembre 2025 à Royal Holloway, University of London. Ses recherches portent sur la question particulièrement actuelle et très pertinente de la coopération euro-britannique en matière de renseignement extérieur dans le contexte du Brexit et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec un accent particulier sur la confiance et le pouvoir des réseaux en temps de crise.
Veuillez trouver ci-dessous le résumé en anglais:
Euro-British foreign intelligence cooperation through Brexit and Russia’s invasion of Ukraine – trust and network power in times of crisis.
This work investigates how the United Kingdom (UK)’s relationship with the European Union’s framework for foreign intelligence sharing adapted in the decade between 2016 and 2025, through momentous changes such as Brexit and Russia’s war in Ukraine. The goal is to understand the extent and effects of these transformations on the EU intelligence network and on its ability to respond to external threats. To address this puzzle, two questions are asked: how have the relationships between British and EU polities, organisations, and practitioners adapted to these crises on a more granular level? And how well do the current intelligence-sharing channels satisfy the parties’ cooperative needs?
Dr Frigo adopts a socio-relational perspective to conduct a longitudinal network analysis of EU intelligence-sharing in three phases: pre-Brexit, post-Brexit, and after Russia’s invasion of Ukraine. By presenting the UK as a node in the EU’s deeply interconnected network, Dr. Frigo examines the UK’s changing power in the network, but also the ways in which the relations between London and the network’s hubs (such as IntCen, EUMS INT and SIAC) responded to the transformations. This highlights the key role of trust in intelligence cooperation and offers insightful explanations as to how the network adapted to changes through formal and informal cooperative avenues.
The interdisciplinary study, sitting at the crossroads of International Relations and Law, rests on novel empirical data gathered in 31 elite interviews with current and former intelligence practitioners, diplomats and experts from civil society (from the UK, the EU and its member states). The interview data is then triangulated with desk research conducted on publicly available data. The results challenge the widely held assumption that nothing would change with Brexit, since intelligence was never an EU competence and state-to-state relations would survive unscathed. Instead, this thesis highlights the changes in the UK’s network power, both with regards to the influence of its classified intelligence and to the circulation of its expertise and know-how. At the same time, and from a legal perspective, the study reveals the difficulties of ensuring adequate accountability and oversight when cooperation between the EU and the UK (now a third party) takes place through such informal avenues, and especially in times of crisis.
While bilateral relations and other, non-EU initiatives such as the Intelligence College in Europe (ICE) ensure that the UK remains central in its cultural role, the British influence in the network is also maintained through the lower-level relations, namely the inter-personal and interorganisational ties. These relationships, resting on a more reputational interpretation of trust, grant flexibility and resilience to the network. In practice, they ensured that the response to Russia’s invasion of Ukraine was concerted and collaborative even in the absence of an arrangement on EUUK foreign security cooperation. However, whilst these lower-level channels allowed timely cooperation in the short term, the thesis warns about the perils of overly relying on organisational and personal connections in the long term. Analysing the EU-UK Security and Defence Partnership of May 2025 and confronting it with the interviewees’ demands for the future of intelligence cooperation, Dr. Frigo finds that much remains to be done, at the inter-polity level, to offer stability in the long-term relationship.
The thesis’ contribution to the discipline is thus threefold. Empirically, it offers a precise and comprehensive explanation of how the UK’s role in the EU intelligence-sharing network adapted to recent developments, and of how these affected the network’s responses to external threats. Theoretically, this project offers insight on how intelligence alliances overcome crises, through an innovative approach that can delve into the specificities of micro- and macro- cooperative dynamics while subsuming them rigorously in a holistic network perspective. Its socio-relational approach challenges the still dominant neorealist school of intelligence cooperation, revealing the importance of factors such as trust in evolving intelligence alliances. Finally, and based on novel interview data, the thesis offers policy recommendations for the future of the relationship, contributing to inform future negotiations.