Premier prix académique du Collège du Renseignement en Europe
Premier prix académique du Collège du Renseignement en Europe : résumé des essais.
PREMIER PRIX :
Giacomo Leccese (Université LUISS Guido Carli, Italie) pour son essai intitulé : « La signature maritime : exploiter les données océanographiques comme source de renseignement pour la sécurité des infrastructures sous-marines »
RÉSUMÉ : "L’article examine la manière dont les capteurs océanographiques civils peuvent contribuer au recueil de renseignement destiné à la protection des infrastructures sous-marines critiques. Il s’articule autour de trois défis majeurs - la détection, l’attribution et le partage du renseignement - que la littérature académique identifie comme les principales difficultés posées par les menaces hybrides dans ce domaine. L’étude s’appuie sur une analyse contrefactuelle afin d’évaluer dans quelle mesure le recours à ces capteurs aurait pu améliorer le recueil de renseignement dans trois scénarios d’attaque : la militarisation de navires civils, les actes d’ingérence menés par des vecteurs submergés et les cyberattaques. Au-delà de son apport à un enjeu majeur de sécurité européenne, cette recherche contribue à la littérature scientifique en analysant le rôle du renseignement d’origine mesures et signatures (MASINT) dans la protection des infrastructures critiques, tout en mettant en lumière la dimension civile, encore peu étudiée, de cette discipline du renseignement."
DEUX MENTIONS HONORABLES :
Clara Grothe (Université de Leyde) pour son essai intitulé : « Le choc allemand : à qui la faute ? Évaluation du rôle de l’articulation entre le renseignement et la décision politique dans l’échec à prévoir l’invasion russe de l’Ukraine »
RÉSUMÉ : « L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a révélé le manque de préparation de l’Allemagne et a conduit à d’importants changements de politique dans le cadre de la Zeitenwende (le « tournant d’époque »). Cet essai examine la manière dont les défaillances dans les relations entre les décideurs politiques et le Service fédéral de renseignement allemand (BND) ont contribué à l’incapacité de l’Allemagne à anticiper l’invasion. S’appuyant sur les critères d’évaluation proposés par Ikani et al. (2022), il soutient que les faiblesses de l’articulation entre le renseignement et la décision politique, en particulier la faible réceptivité des décideurs aux évaluations des services de renseignement, ont compromis la capacité de l’Allemagne à agir sur la base des alertes précoces. L’essai conclut en identifiant des enseignements susceptibles de renforcer les relations entre les services de renseignement et les autorités politiques, afin d’éviter que des défaillances similaires ne se reproduisent à l’avenir. »
Étudiant à l’anonymat préservé (Université de la Bundeswehr, Munich) pour son essai intitulé : « Absence de l’action (discursive) - Qu’est-ce qu’une méthode en analyse du renseignement et pourquoi est-il nécessaire d’en proposer une définition plus précise ? »
RÉSUMÉ : « Malgré l’abondance des travaux consacrés à la méthodologie de l’analyse du renseignement, il n’existe pas de définition commune, exhaustive et précise de la notion de « méthode » dans ce domaine. En examinant l’usage de ce terme dans des articles scientifiques accessibles au public, ainsi que dans des monographies et ouvrages collectifs faisant autorité, cet essai développe l’argument selon lequel le terme renvoie actuellement à au moins trois conceptions distinctes : 1) la méthode comme processus d’organisation ; 2) la méthode comme ensemble d’opérations appliquées aux données brutes ; ou 3) la méthode comme exercice cognitif destiné à soutenir la réflexion critique de l’analyste. À partir de cette typologie, l’essai soutient qu’il est nécessaire de distinguer clairement ces différents sens afin d’améliorer la qualité de l’analyse du renseignement, en partant du principe que cette qualité doit être évaluée à l’aune de la bonne application des méthodes, et non uniquement à travers les résultats produits par l’analyse. »
Premier prix académique du Collège du Renseignement en Europe
Premier prix académique du Collège du Renseignement en Europe : Le lauréat, Giacomo LECCESE, avec le Dr. Luciano BOZZO, professeur associé à l'International Relations & Theories of International Politics - University of Florence.
Conférence Académique - Munich 2026
Conférence Académique Munich 2026
La recherche européenne sur le renseignement franchit un nouveau cap
Pendant trois jours, l'Université de la Bundeswehr de Munich est devenue le point de rencontre de la recherche européenne sur le renseignement. Dans un contexte stratégique marqué par le retour des conflits de haute intensité, l'accélération des innovations technologiques et la multiplication des menaces hybrides, la conférence académique du Collège du renseignement en Europe a confirmé que le dialogue entre chercheurs et praticiens est désormais un levier essentiel pour anticiper les défis de demain. Au-delà de la richesse des échanges scientifiques, cette rencontre a confirmé une évolution majeure : la recherche européenne sur le renseignement s'affirme désormais comme un véritable outil d'innovation au service des communautés de renseignement.
« L'innovation en matière de renseignement ne repose plus seulement sur les technologies ou les organisations, mais sur la capacité à rapprocher durablement chercheurs et praticiens. »
Du 17 au 19 juin 2026, l’Université de la Bundeswehr de Munich a accueilli la conférence académique du Collège du renseignement en Europe (Intelligence College in Europe – ICE), organisée sous le thème « Science and Intelligence in Europe – Responding to a New Era of Uncertainty ». Dans un cadre des plus agréables, chercheurs, universitaires, représentants institutionnels et praticiens du renseignement venus de toute l’Europe se sont réunis pour échanger sur les évolutions d’un domaine confronté à des mutations technologiques, géopolitiques et méthodologiques sans précédent.
Au-delà de la qualité scientifique des interventions, cette édition a confirmé une tendance de fond : l’émergence d’une véritable communauté européenne des études sur le renseignement, structurée autour d’un dialogue toujours plus étroit entre le monde académique et les services.
Une conférence qui affirme la maturité du réseau européen
Organisée par la présidence allemande du Collège du renseignement en Europe, la conférence a réuni près d’une centaine de participants issus de nombreux États membres. L’excellence de l’organisation, la qualité de l’accueil réservé aux délégations et les nombreux temps d’échanges informels ont largement contribué au succès de cette rencontre.
Le programme scientifique, particulièrement dense, s’est articulé autour de seize panels thématiques, de deux tables rondes plénières et d’un atelier consacré à un projet de recherche collaboratif. Cette diversité des formats a permis d’aborder les grands enjeux contemporains du renseignement sous des angles complémentaires, mêlant approches théoriques, retours d’expérience et réflexions prospectives.
Les interventions ont illustré l’étendue des sujets désormais investis par la recherche européenne : intelligence artificielle, guerre hybride, coopération internationale, transformation numérique, sécurité de la recherche, psychologie de l’analyse, HUMINT, enseignements de la Guerre froide ou encore relations entre producteurs et utilisateurs du renseignement.
L’intelligence artificielle et les menaces hybrides au cœur des débats
Parmi les thèmes les plus marquants, l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers du renseignement a suscité un intérêt particulier. Plusieurs chercheurs ont présenté des travaux portant sur l’évolution des méthodes d’analyse, les nouvelles interactions entre analystes et outils automatisés, ainsi que les enjeux de confiance et de supervision humaine dans des environnements de plus en plus numérisés.
Les discussions ont également largement porté sur les menaces hybrides auxquelles sont confrontées les démocraties européennes. Les intervenants ont souligné la nécessité d’adapter les organisations du renseignement à un environnement stratégique caractérisé par une incertitude croissante, où les frontières entre conflictualité militaire, influence, cyberattaques et compétition économique deviennent de plus en plus poreuses.
Un programme de recherche germano-norvégien consacré aux mécanismes cognitifs mobilisés par les analystes du renseignement a notamment retenu l’attention des participants. En croisant psychologie, sciences cognitives et besoins opérationnels, ces travaux illustrent parfaitement l’évolution actuelle de la recherche vers des problématiques directement utiles aux services.
Consolider le lien entre recherche et pratique
L’un des principaux enseignements de la conférence réside dans la volonté partagée de renforcer les passerelles entre recherche académique et pratique opérationnelle.
De nombreux intervenants ont insisté sur la nécessité de produire des travaux susceptibles d’apporter une réelle valeur ajoutée aux communautés du renseignement. Cette orientation marque une évolution importante : la recherche ne se limite plus à analyser les politiques publiques ou l’histoire des services, mais ambitionne désormais de contribuer directement à l’amélioration des méthodes d’analyse, de la prise de décision et de l’anticipation stratégique.
Plus de la moitié des communications présentées ont ainsi été saluées pour leur originalité scientifique autant que pour leur intérêt opérationnel. Cette capacité à conjuguer excellence académique et utilité concrète apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux atouts du réseau développé par le Collège du renseignement en Europe.
Un premier prix académique pour encourager les jeunes chercheurs
La conférence de Munich a également été marquée par la remise du tout premier Intelligence College in Europe Academic Award.
Cette distinction, créée afin de promouvoir les jeunes chercheurs travaillant sur les questions de renseignement, récompense désormais un mémoire ou un essai original consacré au thème retenu par le Collège. Pour cette première édition, le prix a été attribué au chercheur italien Giacomo Leccese pour son étude intitulée The Sea’s Signature: Turning Oceanographic Data into Intelligence for Underwater Infrastructure Security. Le texte intégral (en langue anglaise) est publié sur ce site dans un article séparé. Son résumé ainsi que le résumé des deux mentions honorables sont également consultables sur notre site.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à la relève académique européenne. Le concours est ouvert aux étudiants de master des établissements membres du réseau académique du Collège. Outre une récompense financière et un certificat d’excellence, le lauréat a bénéficié d’une invitation à présenter son travail lors de la conférence académique, favorisant ainsi son intégration dans la communauté scientifique européenne.
En valorisant les travaux les plus innovants dès le début des parcours universitaires, le Collège contribue à structurer durablement un vivier de chercheurs spécialisés dans les études sur le renseignement.
Cap sur Paris 2028
Au-delà des échanges scientifiques, plusieurs discussions ont porté sur la préparation de la prochaine conférence académique, qui se tiendra à Paris en 2028 dans le cadre de la présidence française du Collège.
Cette perspective constitue une opportunité majeure pour poursuivre la dynamique engagée par le Collège à Munich. Les participants ont souligné l’importance d’associer très en amont l’ensemble des membres de l’Academic Advisory Board à la définition des thématiques, au choix des intervenants et à la conception des différents formats de travail.
Plusieurs pistes d’évolution ont également été évoquées : développer des ateliers fermés réunissant chercheurs et praticiens autour de problématiques sensibles, organiser des sessions semi-ouvertes favorisant des échanges plus directs ou encore renforcer la participation de jeunes doctorants sélectionnés sur des critères d’excellence, mais également des ateliers plus fermés où, sans aborder de sujets classifiés, les échanges pourront avoir lieu entre professionnels du renseignement.
Enfin, de nombreux membres du réseau ont exprimé le souhait de voir émerger, entre deux conférences biennales, des rendez-vous intermédiaires plus resserrés sous la forme de journées d’études thématiques. Ces rencontres permettraient de maintenir la dynamique scientifique, d’entretenir les réseaux professionnels et d’accroître encore la visibilité des travaux conduits sous l’égide du Collège.
Une communauté scientifique européenne désormais incontournable
La conférence de Munich marque une étape importante dans la construction d’un espace européen de réflexion consacré au renseignement sous la houlette du Collège du Renseignement en Europe. Elle confirme, si besoin était, que les études sur le renseignement constituent désormais un champ académique à part entière, capable de produire des analyses de haut niveau tout en répondant aux besoins très concrets des décideurs et des services.
Dans un contexte stratégique marqué par la multiplication des crises, l’accélération technologique et la transformation des modes de conflictualité, cette capacité à rapprocher recherche et pratique apparaît plus essentielle que jamais.
La perspective de la conférence de Paris en 2028 ouvre désormais une nouvelle phase de développement. Elle offrira l’occasion de consolider les acquis de Munich, d’élargir encore le réseau européen et de renforcer la contribution de la recherche académique à la réflexion stratégique au service de la communauté européenne du renseignement.
Expansion du Réseau Académique en 2026
Depuis le début de l’année 2026, le Réseau académique du CRE a poursuivi son expansion en accueillant de nouveaux pays membres ainsi que de nouvelles institutions issues de pays déjà représentés au sein du Réseau.
Nous avons le plaisir de souhaiter la bienvenue à la Suisse en tant que 19e membre du Réseau académique. Le Réseau s’est également renforcé avec l’intégration de l’OSINT Centre of Excellence de Croatie et de l’IRSEM en France. L’Autriche a elle aussi considérablement renforcé sa présence académique au sein du Réseau grâce à l’arrivée de l’Austrian Center for Intelligence, Propaganda and Security Studies (ACIPSS) de l’Université Karl-Franzens de Graz.
L’Espagne dirige un programme phare de formation européenne en renseignement
En 2024, l’Espagne qui assumait la présidence du Collège du Renseignement en Europe (CRE), a répondu à un besoin majeur exprimé lors des réunions du Comité directeur du Collège : les officiers de renseignement de nos services doivent être conscients des structures européennes et être prêts à travailler en soutien des organes de sécurité et de renseignement UE. Le CNI espagnol a donc organisé un cours de troisième cycle de haut niveau, en format hybride, comprenant sessions en ligne et cours en présentiel à Tolède.
Ce cours exigeant, conçu et mis en place avec l’Université de Castille-La Manche (UCLM) et son excellent Centre d’études européennes “Luis Ortega Álvarez”, offre la possibilité d’obtenir une certification officielle conforme au Cadre européen de Bologne.
Au vu du succès du premier cours, l’Espagne a décidé de réitérer l’exercice. Le Secrétariat Permanent du Collège du Renseignement en Europe (IntelCollege) a donc été heureux de participer à la seconde édition de ce superbe exercice, qui s’est conclu jeudi 11 septembre par la remise des certificats et le discours du Secrétaire Général du CNI venu en personne pour marquer l’importance attaché par l’Espagne à cette action. .
Un superbe exemple de partenariat entre les Services et l’Université, au cœur d’une des missions essentielles du Collège, qui consiste à former les officiers de renseignement pour qu’ils soient à même de travailler en commun au niveau européen, que cela soit en mode minilatéral ou coopération multilatérale.
Grâce à cette formation de qualité, longue et exigeante, qui en font un des fleurons du Collège, les officiers de renseignement apprivoisent les Institutions européennes, apprennent à mieux se connaitre et partagent désormais un base de connaissances communes qui facilitera grandement leur coopération ultérieure.

Programme Postuniversitaire: « Leadership stratégique dans les domaines de la sécurité et du renseignement »
Pour la troisième fois sous ce format, l’Academia Națională de Informații “Mihai Viteazul” (ANIMV) de Roumanie, en partenariat avec le Collège européen de sécurité et de défense (CESD), a organisé un cours d’une semaine intitulé « Leadership stratégique dans les domaines de la sécurité et du renseignement » à Bucarest. Ce programme était ouvert aux participants du Collège du Renseignement en Europe.
Le Collège du Renseignement en Europe a eu l’honneur d’ouvrir la session le lundi 22 septembre et d’y contribuer par l’intervention de plusieurs de ses experts. Conçu comme un parcours interactif et très pratique, le cours s’adresse à de jeunes cadres à haut potentiel, appelés à diriger des unités ou des directions dans des environnements complexes et exigeants. Un accent particulier a été mis sur la gestion des ressources humaines et sur des ateliers collaboratifs, afin de permettre à chaque pays de tirer parti des expériences partagées par ses homologues.
Le Collège du Renseignement en Europe est fier de soutenir et de bénéficier de cette initiative ANIMV–CESD, désormais solidement établie. Depuis 2023, le programme reflète une dimension européenne renforcée grâce à la participation d’intervenants issus de plusieurs pays, dans l’esprit commun du CESD et du Collège.
À la suite du cours d’experts de l’UE à Tolède, cet événement illustre parfaitement le lancement de la nouvelle année académique du Collège du Renseignement en Europe et témoigne de la coopération fructueuse entre le Collège, le CESD et l’ANIMV, dans un véritable esprit stratégique européen.
Multumesc ! Un grand merci à nos partenaires du SRI et de l’ANIMV pour leur précieux soutien et leur engagement.
Thèse de doctorat: Member State Intelligence Support to EU Foreign Policymaking
Le Secrétariat permanent du Collège adresse ses plus chaleureuses félicitations au Dr Daniel Neumann pour l’obtention de son doctorat au King’s College. Sa thèse, portant sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, explore les conditions dans lesquelles les États membres de l’UE soutiennent le Centre de renseignement et de situation de l’UE (INTCEN) dans le domaine de la politique étrangère.
Cette thèse s’interroge sur les conditions dans lesquelles les États membres apportent un soutien en matière de renseignement à l’élaboration de la politique étrangère de l’UE, et plus précisément au Centre de renseignement et de situation de l’UE (INTCEN). INTCEN fournit aux décideurs européens des analyses stratégiques issues des contributions des États membres. Les traités européens stipulent que la sécurité nationale relève exclusivement de la responsabilité des États membres (article 4.2 TUE). Cela est généralement interprété comme incluant le renseignement, rendant ainsi toute contribution à INTCEN volontaire. Les institutions de l’UE ont, à plusieurs reprises, encouragé les États membres à contribuer, mais un certain scepticisme persiste quant au niveau réel de coopération.
Les travaux du Dr Daniel Neumann examinent les circonstances dans lesquelles les États membres soutiennent INTCEN. Ils s’inscrivent dans la littérature académique sur la coopération en matière de renseignement. Sa recherche remet en question l’approche néoréaliste dominante, souvent critiquée, et développe de manière inductive un modèle alternatif pour expliquer le soutien au renseignement, en s’appuyant sur des perspectives issues des études européennes, de l’administration publique et de la sociologie. L’étude empirique repose sur une analyse thématique de 25 entretiens avec des personnalités clés, triangulée avec d'autres sources identifiées par recherche documentaire.
La thèse avance que, comme outil analytique heuristique, le soutien en matière de renseignement à INTCEN peut être compris comme un processus descendant en trois étapes. Premièrement, au niveau politique, le soutien est motivé par le désir d’influencer la politique de l’UE à travers le renseignement, en façonnant la compréhension situationnelle sous-jacente. Deuxièmement, au niveau organisationnel, les services de renseignement quasi-autonomes hiérarchisent et allouent des ressources à cette tâche en fonction de leur identité organisationnelle, de leurs capacités en renseignement et de leurs capacités administratives. Troisièmement, au niveau opérationnel, les analystes de renseignement détachés à Bruxelles mettent en œuvre ce soutien. En exerçant leur marge de manœuvre et à travers les dynamiques sociales qui en résultent, ces praticiens influencent davantage le soutien de leur service.
La thèse conclut ainsi que le soutien des États membres à INTCEN est façonné à tous les niveaux de gouvernance, et déterminé à la fois par les intérêts politiques des décideurs, les caractéristiques bureaucratiques des services de renseignement et les dynamiques sociales au niveau opérationnel. En développant ce modèle, la thèse contribue à la littérature académique sur la coopération en matière de renseignement en proposant de nouvelles pistes de théorisation de la coopération multilatérale, en mobilisant des approches encore peu utilisées. Elle apporte également des éclairages empiriques sur une forme de coopération en matière de renseignement encore peu explorée, mais pourtant intégrée à l’élaboration de la politique étrangère de l’UE.
Contribution Scientifique: Les liens sociaux qui unissent par P. Tuinier
Les liens sociaux qui unissent : Confiance et coopération dans le renseignement européen
Les approches traditionnelles de la coopération en matière de renseignement mettent l’accent sur des échanges transactionnels – des accords de type quid pro quo entre États. Mais est-ce vraiment toute l’histoire ? Dans sa thèse de doctorat, Dr. Pepijn Tuinier, conseiller principal au ministère néerlandais de la Défense et professeur à l’Académie de défense des Pays-Bas, remet en question cette vision. Son étude démontre que les relations sociales et la confiance jouent un rôle bien plus important dans la coopération en matière de renseignement qu’on ne le pense généralement.
En tant que membre actif du réseau académique du CRE, Tuinier analyse comment les identités partagées et les réseaux interpersonnels facilitent la coopération au sein de la communauté du renseignement de l’UE. Grâce à des entretiens approfondis avec des professionnels du renseignement de haut niveau, il montre que, loin d’être un univers opaque de secret et de rivalité, les services de renseignement – comme toute autre organisation – prospèrent grâce à l’interaction, à la bonne volonté et à la compréhension mutuelle.
Prix italien « Thèse pour la sécurité nationale ». Clôture de la sixième édition
Le 10 décembre dernier, à Rome, au siège de la Coordination (ou « système de renseignement italien »), s'est tenue la sixième édition de la cérémonie de remise du prix « Thèse pour la sécurité nationale », promue par le Département du renseignement de sécurité (DIS). L'événement s’est déroulé en présence d’Alfredo Mantovano, sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres & Autorité déléguée pour la sécurité de la République, de la Directrice générale du DIS, Elisabetta Belloni, et des directeurs des agences de renseignement italiennes.
Ce prix vise à rapprocher la jeune génération du monde du renseignement, en promouvant et en encourageant les études sur des sujets liés à la sécurité nationale.
Il a été lancé en 2014 dans le cadre d’un programme de promotion de la culture de sécurité. Au fil du temps, le concours a connu une implication croissante du monde universitaire et est devenu une initiative annuelle : plus de 100 diplômés récents de plus de 40 universités nationales y ont participé.
Cette initiative représente un signe supplémentaire de l'ouverture du Renseignement au monde extérieur et de la solidité de ses relations avec la société civile et le milieu universitaire.
Lors de cette édition (2023-2024), 7 participants ont été récompensés par un prix d'une valeur de
2 500 € chacun pour le meilleur mémoire de master, noté pas moins de 105/110, sur les sujets suivants, entre autres : géopolitique et relations internationales ; menaces pour la sécurité nationale ; droit, doctrine et histoire du renseignement ; sécurité économique et financière.
Voici les lauréats sélectionnés par un comité interne :
• Samuele Bernardi, Université de Pise, « De l'autonomie stratégique de l'UE à l'ordre public et à la sécurité de l'UE. Vers l'élaboration d'une « sécurité stratégique de l'UE » ? » ;
• Roberto Colle, Université de Trente, « Contrôle démocratique des services d'information et de sécurité : Aspects historiques et comparatifs d'une problématique actuelle » ;
• Edoardo Liberati, Université Sapienza de Rome, « Extracteur flou efficace, réutilisable et à haute tolérance aux erreurs pour les fonctions physiques non clonables » ;
• Alessandro Lotto, Université de Padoue, BARON : « Authentification des stations de base via le réseau central pour la gestion de la mobilité dans les réseaux 5G » ;
• Matteo Marras, Université de Turin, « La défense des intérêts nationaux et les investissements chinois en Italie » ;
• Martina Serao, Université de Rome Tre, « La concurrence stratégique entre l'Union européenne et la Fédération de Russie : une analyse d'évaluation nette » ;
• Maria Vittoria Zucca, Université de Trente, « Cybercriminalité dans le secteur de la santé : histoire, diagnostic et pronostic d'une « maladie » informatique ».
La septième édition du Prix est en cours et vous pouvez la retrouver sur le site Internet des services de renseignement italiens www.sicurezzanazionale.gov.it.
ANIMV et CESD: Cours avancé pour experts sur les menaces hybrides à Bucarest
Semaine 43, l'Académie de Renseignement Roumaine « Mihai Viteazul » (ANIMV) et l'École Doctorale du Collège Européen de Sécurité et de Défense (CESD) ont organisé un cours avancé pour experts sur les Menaces hybrides à Bucarest de grande qualité et très dynamique.
Ce cours, ouvert aux étudiants de l'École Doctorale du CESD ainsi qu'aux praticiens du renseignement des États membres et des institutions de l'UE, était d'une qualité impressionnante !
Le Secrétariat Permanent du Collège du Renseignement en Europe (SP.CRE), partenaire associé du réseau CESD, déjà invité en juillet 2022 à la conférence annuelle de l'École Doctorale du CESD, a été plus que ravi de soutenir cette initiative reliant expertise académique et renseignement sur ce type de menaces complexes !
Après avoir présenté l'organisation du renseignement et de la sécurité de l'UE, notamment sur les Menaces hybrides et sur la Cellule de Fusion Hybride de l'UE (EU HFC, créée en 2016 au sein de l'UE INTCEN), le Directeur du SP.CRE a insisté sur l'impact de cette thématique hybride sur le dispositif de renseignement de l'UE d'une part et sur la coopération UE-OTAN d'autre part. Ensuite, de manière plus concise, il a expliqué le rôle possible du CRE dans la construction d'une meilleure culture stratégique européenne, une nécessité pour face aux menaces hybrides.
La grande qualité des participants a rendu ce cours avancé d'experts particulièrement dynamique et interactif !
Félicitations à l'ANIMV et à l'École Doctorale du CESD pour ce cours avancé destiné aux experts!
